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“ On se reunira au lobby du cinema a 6:45 pour la seance de 7:00. A 6:55 nous irons trouver nos places dans la salle de cinema. (We'll meet in the lobby at 6:45 for the 7:00 showing. At 6:55 we'll go find our seats in the theater.) ”
Realiser par: Hou Hsiao Hsien
Avec: Juliette Binoche, Simon Iteanu, Song Fang, Hippolyte Girardot, Louise Margolin
Dure: 1h 55min
En francais avec des sous-titres anglais (French with English subtitles)
Siteweb officiel (anglais): http://www.ifcfilms.c...
Critique (en anglais)
A mysterious red balloon affectionately follows seven-year-old Simon (Simon Iteanu) around Paris in this imaginative tale. His mother Suzanne (Juliet Binoche) is a puppeteer who uses her vocal talents to bring life to the shows she writes. Completely absorbed in her new show, Suzanne becomes overwhelmed by the complications of modern daily life, so she decides to hire Song (Song Fang), a Taiwanese film student, to help her care for Simon. Inspired by the 1956 classic, The Red Balloon. Feeling at times almost improvisatory, this first European-made film by writer/director Hou Hsiao Hsien (Flowers of Shanghai, Millennium Mambo) is a poetic delight. Co-starring Hippolyte Girardot and Louis Margolin.
Critique (en francais)
Grands maîtres chinois délocalisés, épisode 2. Hier, Wong Kar-wai le Honkongais perdait beaucoup de sa substance en Amérique, avec My blueberry nights. Aujourd'hui, le Taïwanais Hou Hsiao-hsien (Millenium Mambo, Three Times) arpente Paris avec perplexité, en réponse à une commande du musée d'Orsay (qui apparaît contractuellement dans le film). Le cinéaste ne cherche pas importer son système esthétique clés en main. Le Voyage du ballon rouge n'affiche aucun effet de signature évident, hésitant entre plusieurs veines, plusieurs pistes.
En mineur, voici un hommage au court métrage d'Albert Lamorisse Le Ballon rouge (1956), avec retour de la baudruche dans le ciel et les jardins de Paname, sous les yeux songeurs d'un bel enfant blond - un réalisme poétique qui ne sied guère à Hou Hsiao-hsien. Mais Le Ballon rouge fut aussi en son temps un argument de premier ordre du critique André Bazin pour faire l'éloge du plan-séquence contre le montage à tout-va. Et Hou Hsiao-hsien a toujours été un partisan de cette doctrine. C'est donc ainsi qu'il filme ce qui constitue le meilleur (et le plus gros) du film : la vie au domicile parisien de l'enfant, où habitent sa nounou chinoise, étudiante en cinéma, et surtout sa mère (Juliette Binoche décolorée). Cette dernière, débordée par son activité de marionnettiste arty, s'énerve à distance contre un compagnon trop longtemps expatrié et s'enrage contre un locataire envahissant et désinvolte.
A côté de l'électricité toute triviale qui règne dans cet espace encombré d'objets et d'affects, les nombreuses allusions érudites et cinéphiles (parfois en référence à la propre oeuvre de Hou Hsiao-hsien, auteur d'un Maître de marionnettes), trop exogènes, tombent à plat, et le film ne prend pas l'ampleur mystérieuse que le cinéaste espérait sans doute. Mais dès qu'on revient au petit théâtre domestique, la douce misanthropie de Hou et son ironie bienveillante portent leurs fruits. Elles s'exercent avant tout à l'égard de Juliette Binoche, en roue libre dans un rôle ingrat : une femme qui se la joue beaucoup et que l'actrice a pris le parti de surjouer, instaurant un doute quant à la part d'outrance qui revient au personnage et à celle qui incombe à son interprète. Le résultat, ces gesticulations de propriétaire blonde « au taquet » du côté de la Bastille, ont une saveur aigrelette non négligeable et une justesse paradoxale. De quoi reformuler la fameuse question d'Aragon : est-ce ainsi que les bobos vivent ?
Louis Guichard
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